Biographie

L’attachement à son pays natal et à ses origines, les conflits et les exils l’incitent à élaborer une œuvre engagée. Elle tisse des liens entre différentes cultures, reste attentive aux contextes sociaux et politiques, cherche à concilier dans le geste créatif ce qui est inconciliable dans la réalité.
En France, elle étudie le piano, la clarinette et le chant. Elle entame des études de philosophie puis choisit d’interpréter ses propres compositions en concert.

Au Conservatoire National de Région de Bordeaux, elle poursuit ses études en écriture, composition et analyse musicale et obtient la plus haute récompense (médaille d’or à l’unanimité) .
Très tôt associée à des réalisations pluridisciplinaires, elle établit des correspondances entre certaines œuvres d’artistes plasticiens et sa palette sonore. Elle sculpte des sons concrets pour créer de nouvelles architectures musicales grâce à des outils qu’elle expérimente au SCRIME à Bordeaux et à l’IRCAM à Paris.

Pendant neuf ans, elle est chargée de cours de composition, de formation et d’analyse musicale auprès d’élèves et de professeurs d’Écoles Nationales de Musique et de Conservatoires.
Puis elle se consacre entièrement à la composition. Au cours de ses dernières résidences, elle distille un peu d’utopie en concevant des partitions où se côtoient des musiciens amateurs, des musiciens professionnels et des interprètes des musiques du monde. En juin 2005, la SACEM lui décerne le prix Pierre et Germaine Labole pour Hautes Terres, une œuvre pour violon, voix de mezzo-soprano, saxophone ténor, cor et hautbois solos, orchestre d’harmonie et ensemble d’accordéons.

Elle répond également à des sollicitations concernant l’aspect le plus singulier et le plus virtuose de son langage. Son œuvre pour piano, Alliance, a été sélectionnée au concours Dutilleux en 2004.
Son écriture atonale échappe à toute rigueur systémique. L’exploration des micro- intervalles et de la multiplicité des modes de jeu à l’instrument, le choix des architectures sonores et des couleurs orchestrales révèlent l’expressivité et la tenue d’un discours largement irrigué par d’autres formes d’art. La poésie et les arts visuels sont des sources d’inspiration privilégiées pour sa création.

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Dans Le destin des petits riens, elle diffuse une œuvre électroacoustique en multicanal dans une installation sculpturale avec projection d’images de Francis Proudhom. Cet Opéra-performance est une succession de rituels, d’énigmes, d’actions symboliques en relation avec l’œuvre musicale.
Au cours d’un concert-lecture lors d’un colloque sur le haïku en France à l’Université Jean Moulin de Lyon3, elle accompagne l’interprétation de Deux petites pièces en forme de haïku et deSur la lune deux cils gris pour clarinette, de ses réflexions sur la fonction de l’esquisse, de la confrontation des cultures et du langage poétique comme berceau de l’architecture musicale.

Dans Le Haïku en France, un livre écrit à l’issue de ce colloque et publié aux éditions Kimé dans la collection Les cahiers de Marge et dans Rencontre entre artistes et mathématiciennes, un livre publié chez L’harmattan dans lequel est inséré un C.D. d’une œuvre électroacoustique, Dans les yeux des nomades, elle nous invite à partager son aventure artistique et intellectuelle.

Ses œuvres font l’objet de commandes de l’État, de Radio France, de festivals, de départements, de solistes (David Simpson, Richard Rimbert, Roberto Aussel) et d’ensembles instrumentaux (Ensemble Musique Nouvelle de Bordeaux, Ensemble Rhizome, Ensemble Orchestral Contemporain). Elles sont créées aussi bien en France qu’à l’étranger, Radio France, festival Aujourd’hui musiques à Perpignan, Centre National de Création Musicale à Marseille, Festival International des Musiques et Créations Électroniques de Bourges, FestivalFutura à Crest, Opéra-Théâtre de Saint-Étienne, Auditorium Saint Germain à Paris, Université Permanente de Nantes, Festival International de guitare de Coria en Espagne, Festival International de Fiuggi en Italie, National Concert Hall de Dublin en Irlande,Cid-femmes au Luxembourg, Université de Montréal au Québec, Université d’Alberta au Canada, Universités d’Huntington et de Northwestern aux États-Unis, Festival Nydd en Estonie…
Elles sont également diffusées lors d’émissions qui lui sont consacrées, Alla Breve sur France Musique ou À nouveau la musique sur France Culture.

Depuis 2007, elle est professeur d’analyse musicale et de composition au Conservatoire à rayonnement régional de Saint-Étienne et chargée de cours à l’Université Jean Monnet.

Son concerto pour clarinettes en sib, clarinette basse et contrebasse et ensemble instrumental , Sous tes cils une énigme, a été créé en janvier 2011 à l’Opéra Théâtre de Saint-Étienne par Hervé Cligniez et l’Ensemble Orchestral Contemporain.

En mai 2011, Roberto Aussel a créé sa pièce pour guitare, Exil, à L’Université Permanente de Nantes.

En 2013, sa pièce pour clavecin, « Cordages », a été créée au CRR d’Annecy lors d’un spectacle associant un comédien, Emmanuel Houzé et un claveciniste, Sébastien Roué, autour de textes de Marguerite Yourcenar. Pascale Jakubowski a également écrit un concerto pour piano et ensemble instrumental, Zéta Peg, entendu en première audition sous les doigts de Michaël Thisy au CNSMD de Lyon.

2015 est l’année de la création de Naos par l’Ensemble Orchestral Contemporain, d’Horizons croisés aux Piano Foliesdu Touquet-Paris plage par Béatrice Peignois et Axel Willem au piano quatre mains et d’Incantations par Laurence Bourdin à la vielle à roue avec environnement électroacoustique.

En 2016 Ellipses pour piano solo au Festival Piano Folies Touquet-Paris-Plage et XBB pour guitare et électroacoustique, commande d’ Olivier Pelmoine, seront entendu en première audition.

Son concerto pour violoncelle « Empreintes furtives » s’achemine vers sa première audition.

En 2017, Pascale Jakubowski se lance dans une aventure, La Voix des cités, réunissant orchestres d’harmonie, choeurs d’adolescents et guitare électrique dans plusieurs lieux en PACA.